Retraites

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OBJECTIF : La Retraite à 65 ans !

Le régime de retraite des agents de la RATP a été défini par la Loi n°48 – 506 du mars 1948, relative à la réorganisation et à la coordination des transports de voyageurs dans la région parisienne, instituant le règlement des retraites du personnel de la RATP approuvé par le gouvernement français le 28 avril 1950, puis complété par le Décret n° 59-1091 du 23 septembre 1959, portant statut de la RATP, et le Décret n°59-157 du 7 Janvier 1959, relatif à l’organisation des transports de voyageurs en IDF, donnant toute compétence au conseil d’administration de la RATP sur les questions relatives au statut du personnel et au règlement des retraites.

S’y sont ajoutés des avantages particuliers (possibilité d’anticipation d’âge du départ à la retraite de 5 ans à la maintenance et de 10 ans à l’exploitation, avec une pension de retraite proportionnelle) destinés à tenir compte de la pénibilité particulière des métiers exercés (horaires de service étendus, travail en tunnel, etc.).

Les régimes des IEG, de la RATP et de la SNCF sont caractérisés par un départ plus précoce à la retraite mais aussi par un taux de remplacement moyen, autour de 67,5% du salaire alors qu’il atteint 84% pour une carrière complète chez les salariés du secteur privé. (source : Rapport Carrez)

Le régime des retraites est un élément majeur du statut de chaque entreprise. Il est un élément important du choix des carrières et, parallèlement, des arbitrages salariaux :

Il n’est pas rare que des avantages en matière de retraite – dont le coût était différé – aient été accordés en lieu et place de revalorisation salariales – qui auraient comporté une charge immédiate. Les avantages obtenus en matière de retraites doivent être appréciés au regard des concessions faites en matière de salaires.

Les régime des retraites spéciaux sont de ce fait considérés comme une conquête sociale au même titre que la politique salariale.

Les régimes spéciaux sont les verrous que le gouvernement doit absolument faire sauter pour s’attaquer à toutes les autres retraites, du public comme du privé, comme le prévoyait la loi Fillon 2003, et ses fameux « rendez-vous ».

L’objectif inavoué du gouvernement est d’arriver à satisfaire le point 32 des Conclusions du sommet de Barcelone de mars 2002 qui dit : «Il faudra chercher, d’ici 2010, à augmenter progressivement d’environ 5 ans l’âge moyen effectif auquel cesse l’activité professionnelle dans l’Union européenne».

On ne saurait être plus clair. Il n’est pas obligatoire d’ailleurs, dans un premier temps, de remettre en cause formellement l’âge symbolique de 60 ans pour le départ à la retraite, mais de rendre simplement celui-ci financièrement impossible, par l’augmentation des durées de cotisations et l’application d’un système de décote par annuités manquantes.

Déjà en 1998, le Rapport Charpin proposait une réforme décalant progressivement l’age de départ à la retraite entre 60 et 65 ans, avec une décote de 5% par année de cotisation manquante.

Le retour aux 37,5 annuités pour tous, public et privé, représenterai une somme de 6,5 milliards d’euros par an, exactement dix fois moins que les exonérations patronales et nettement moins aussi que les 40 milliards annuels d’évasion fiscale. Sans parler des 200 milliards engloutis par la Banque centrale européenne cet été pour faire face au crash boursier immobilier des États-Unis.

Comme d’habitude les travailleurs vont devoir affronter le gouvernement, les patrons, les médias, voire leurs directions syndicales…